Les achats en 2010 : une fonction mature et reconnue ? Imprimer Envoyer
Mercredi, 13 Octobre 2010 08:16
La préoccupation des achats visant à « vendre leur valeur ajoutée en interne » d'il y a quelques années est-elle toujours de mise ?

Les achats ont-ils acquis « leurs lettres de noblesse ? »

Une récente étude AgileBuyer / CDAF tend à montrer qu'au sein des entreprises du CAC 40, les directions achats ont dépassé ce débat.

Un indice de « reconnaissance interne de la fonction achats » a été mis en place pour ces entreprises et montre une augmentation flagrante de leur reconnaissance.

Cet indice se base sur le nombre de fois où la fonction achats est citée dans les rapports annuels et sur d'autres éléments tels que le pourcentage de directeurs achats siégeant au Codir, la communication du montant de la masse achats...

Le besoin d'avoir mis en place cet indicateur en dit long sur la motivation « des achats » à se faire reconnaître et souligne le chemin parcouru.

Les chiffres sont éloquents, entre 2009 et 2010 cet indice a nettement progressé. (Seulement 5% des entreprises du panel ont vu leur indice baisser)

Plusieurs éléments concourent à cette situation.

Tout d'abord, la prise de conscience de l'impact direct du travail « des achats » sur la marge de l'entreprise n'est plus à faire.

Ensuite, le développement durable, valeur au cœur de la communication, si ce n'est des préoccupations des entreprises, est également au centre des préoccupations des achats. Dès lors que l'on parle de développement durable, les « Achats » sont impliqués.

Enfin, depuis l'émergence de la récente crise, la notion de risque (risque client ou fournisseur) est une préoccupation quotidienne de toute entreprise. Ce critère est également bien entendu central dans la politique fournisseurs des directions achats qui visent le « risque zéro » au sein de leur panel. Une récente étude du cabinet CSC (baromètre des achats) montre que le management de la relation fournisseur (72%) et la collaboration avec les fournisseurs stratégiques (69%) sont en tête des préoccupations des décideurs achats (échantillon de 172 personnes) devant le « cost killing » !

Il est clair que travailler le partenariat avec ses fournisseurs et donc a fortiori le long terme, est aujourd'hui une clef de succès certaine.

Cependant, cette tendance ne peut être pérenne que dans la mesure où elle est relayée par des indicateurs de performance. La difficulté est que ces indicateurs de « relation » doivent être cohérents avec les autres indicateurs actuellement en place et je pense en particulier à ceux liés à la réduction des coûts.

Il n'est dès lors plus question de négocier en force avec les fournisseurs en « mettant une pression considérable » pour obtenir des résultats à court terme.

Les Directions Achats devront elles arbitrer entre des résultats de gains à court terme et l'établissement d'un partenariat avec les fournisseurs à long terme ?

Si l'on reste dans des schémas de pensée « classiques », un choix particulièrement difficile sera à faire entre les deux indicateurs puisque dans tous les cas, ce choix sera « perdant » sur l'un des critères.

En revanche, repenser les indicateurs à partir d'une approche créative de type CPS (Creativity Problem Solving) et former les acheteurs à négocier en imaginant des pistes de solutions sortant elles aussi des habitudes permettra de satisfaire les critères de performance à la fois sur le long et sur le court terme.

Dominique Rondot.

Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE

La préoccupation des achats visant à « vendre leur valeur ajoutée en interne » d’il y a quelques années est-elle toujours de mise ?

Les achats ont-ils acquis « leurs lettres de noblesse ? »

 

Une récente étude AgileBuyer / CDAF tend à montrer qu’au sein des entreprises du CAC 40, les directions achats ont dépassé ce débat.

Un indice de « reconnaissance interne de la fonction achats » a été mis en place pour ces entreprises et montre une augmentation flagrante de leur reconnaissance.

Cet indice se base sur le nombre de fois où la fonction achats est citée dans les rapports annuels et sur d’autres éléments tels que le pourcentage de directeurs achats siégeant au Codir, la communication du montant de la masse achats…

 

Le besoin d’avoir mis en place cet indicateur en dit long sur la motivation « des achats » à se faire reconnaître et souligne le chemin parcouru.

 

Les chiffres sont éloquents, entre 2009 et 2010 cet indice a nettement progressé. (Seulement 5% des entreprises du panel ont vu leur indice baisser)

 

Plusieurs éléments concourent à cette situation.

 

Tout d’abord, la prise de conscience de l’impact direct du travail « des achats » sur la marge de l’entreprise n’est plus à faire.

 

Ensuite, le développement durable, valeur au cœur de la communication, si ce n’est des préoccupations des entreprises, est également au centre  des préoccupations des achats. Dès lors que l’on parle de développement durable, les « Achats » sont impliqués.

 

Enfin, depuis l’émergence de la récente crise, la notion de risque (risque client ou fournisseur) est une préoccupation quotidienne de toute entreprise. Ce critère est également bien entendu central dans la politique fournisseurs des directions achats qui visent le « risque zéro » au sein de leur panel. Une récente étude du cabinet CSC (baromètre des achats) montre que le management de la relation fournisseur (72%) et la collaboration avec les fournisseurs stratégiques (69%) sont en tête des préoccupations des décideurs achats (échantillon de 172 personnes) devant le « cost killing » !

 

Il est clair que travailler le partenariat avec ses fournisseurs et donc a fortiori le long terme, est aujourd’hui une clef de succès certaine.

Cependant, cette tendance ne peut être pérenne que dans la mesure où elle est relayée par des indicateurs de performance. La difficulté est que ces indicateurs de « relation » doivent être cohérents avec les autres indicateurs actuellement en place et je pense en particulier à ceux liés à la réduction des coûts.

Il n’est dès lors plus question de négocier en force avec les fournisseurs en « mettant une pression considérable » pour obtenir des résultats à court terme.

 

Les Directions Achats devront elles arbitrer entre des résultats de gains à court terme et l’établissement d’un partenariat avec les fournisseurs à long terme ?

Si l’on reste dans des schémas de pensée « classiques », un choix particulièrement difficile sera à faire entre les deux indicateurs puisque dans tous les cas, ce choix sera « perdant » sur l’un des critères.

 

En revanche, repenser les indicateurs à partir d’une approche créative de type CPS (Creativity Problem Solving) et former les acheteurs à négocier en imaginant des pistes de solutions sortant elles aussi des habitudes permettra de satisfaire les critères de performance à la fois sur le long et sur le court terme.